Après avoir réalisé Alien (1979) et Blade Runner (1982), références cultes de la Science-Fiction, Ridley Scott signe son retour dans la SF avec Prometheus. C’est d’ailleurs l’un des films que j’attendais le plus cette année (derrière The Dark Knight Rises bien évidemment). Je me suis donc empressé d’aller le voir à sa sortie pour en ressortir plutôt satisfait.
En 2089, les archéologues Elizabeth Shaw (Noomi Rapace) et Charlie Holloway (Logan Marshall-Green) découvrent dans une grotte écossaise une peinture rupestre représentant un humanoïde pointant sa main vers six étoiles. De semblables pictogrammes ayant été découverts chez d’autres civilisations, une expédition scientifique financée par la compagnie Weyland est envoyée jusqu’au système solaire Zeta Reticuli, sur la planète LV-223, supposée être l’endroit indiqué par les peintures. Le voyage dure deux ans. Une fois proche de la destination, l’équipage, qui avait été placé en biostase, est réveillé par l’androïde David (Michael Fassbender). La chef de l’expédition, Meredith Vickers (Charlize Theron), organise bientôt une réunion, au cours de laquelle Elizabeth Shaw et Charlie Holloway expliquent les objectifs de la mission : explorer ce nouveau monde et découvrir une race d’extraterrestres qui seraient à l’origine de la création de l’humanité, les Ingénieurs…
Ne s’en n’étant jamais caché, le film s’inscrit dans la même veine qu’Alien et on y retrouve avec bonheur une ambiance similaire. La photographie est absolument magnifique et la bande son garde le même ton. Je suis resté totalement envouté pendant les deux heures du films. D’un point de vue technique c’est un sans faute et on retrouve bien le perfectionnisme de Ridley Scott. N’étant pas fan de la 3D, je dois avouer que c’est la plus belle 3D qu’il m’ait été donné de voir (même si je trouve toujours que ça n’a apporte vraiment rien de plus).
Niveau casting c’est assez inégal. La performance de Michael Fassbender est absolument géniale tout comme son rôle d’ailleurs. Sa composition de l’androïde David est bluffante et fascinante voir même dérangeante. Par contre je n’ai pas trouvé les autres acteurs transcendants. Je n’ai pas été vraiment impressioné par l’interprétation de Noomi Rapace et j’ai trouvé que certains personnages étaient beaucoup trop caricaturaux.
Enfin, sans spoiler, l’intrigue est plutôt convaincante même si peut lui reprocher quelques facilités scénaristiques et surtout quelques clichés qui font un peu tâche dans un film de cette trempe là. Mais le tout s’harmonise tellement bien que je ferme les yeux sur ces quelques imperfections. En fait ce que j’ai particulièrement aimé c’est que j’ai retrouvé un peu les mêmes sensations que lorsque j’avais vu Alien pour la première fois. Je ne parle pas des sensations de terreur mais plutôt de cette atmosphère angoissante et pesante. En tout cas au global j’ai vraiment adoré.
Prometheus de Ridley Scott, sorti le 30 mai 2012, avec Noomi Rapace, Michael Fassbender, Charlize Theron et Guy Pearce
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Vu hier, et en 3D (même si je m’en serai bien passé. J’ai vraiment aimé même si, quand on est coutumier de la mythologie Alien beaucoup de situations et autres enchaînements sont plus que prévisibles. Mais bon dieu, quelle claque visuelle. Contrairement à toi j’ai trouvé tous les acteurs réellement crédibles et pas forcément caricaturaux, ton impression est certainement due à l’abondance de personnages et de psychologies qui ne peuvent être aussi approfondis qu’on ne le souhaiterait en 2 heures de film.
Attention Spoiler!
Seul la santé de Shaw (et sa facilité à courir) jusqu’à la fin du film malgré une césarienne improvisée, mais elle manifeste de la douleur régulièrement et on peut se dire qu’elle a été pas mal anesthésiée à maintes reprises (par elle même) et la technologie de cautérisation/agrafage et de cicatrisation est plus performante qu’aujourd’hui. Dernier point un peu surprenant, le mineur qui revient (un peu comme un cheveu sur la soupe) et qui a muté, cette scène est bizarrement mise en scène et assez décousue par rapport à l’excellente mise en scène du reste du film.
Fin du spoiler!
Mis à par cela, quelle intro, le look de l’ingénieur est superbe, le scénario est vraiment bien pensé et justifié avec de surcroît une belle réflexion/explication sur la religion et la création de l’homme. Quant au pont liant ce film avec la quadrilogie Alien (et l’origine des Aliens), c’est du pain béni. Je suis impatient de revoir le film en blu-ray, car pour moi c’est un vrai chef-d’oeuvre qui redore l’image de la licence après toutes les bouses AVP qui sont sorties dernièrement. Je pense qu’à cause de l’existence de la quadrilogie, Prometheus va être sous-estimé (beaucoup de similitudes avec Alien et une partie du scénario d’AVP), mais c’est vraiment un putain de film!
Je voulais bien sûr dire « Seule la santé de Shaw [...] césarienne improvisée m’a surpris ». Ma frappe au clavier n’a pas suivi ma pensée.
Pareil, hâte de le voir en Blu-Ray
Et bien je vais apporter un avis un plus nuancé au débat.
Avant tout, soyons honnête, j’ai bien aimé ce film. Arrivé à la fin, j’étais surpris de voir que 2 heures s’étaient écoulées. Une heure de plus ne m’aurait pas dérangé tant il est agréable de se plonger dans cet univers de science-fiction déjà connu, d’admirer ces superbes images, et de vivre le suspens et la tension omniprésente.
Merci à ce grand réalisateur pour tout son talent !
Je n’irai pas plus loin dans la louange puisque l’article principal le fait suffisamment bien.
Pourtant, j’en suis ressorti avec un sentiment partagé. D’un côté, émerveillé, de l’autre déçu. J’ai mis un peu de temps à comprendre d’où venait cette déception, masquée par la plastique superbe du film.
Déjà, on ne fait qu’effleurer tout un pan du scénario. Comme si cet univers était trop grand pour rentrer dans 1 seul film de 2 heures et qu’on avait choisi de privilégier autre chose. J’aurais voulu en savoir plus sur tout ce qu’on voit à l’écran et qui n’est que très peu expliqué, connaitre mieux les tenants et les aboutissants des ingénieurs. J’ai eu l’impression que le scénario hésite entre la facilité de ne rien montrer et laisser le spectateur avec son imagination, et la volonté de s’étirer sur une trilogie et en gardant du contenu sous le pied. Quelle frustration.
Les personnages sont trop mal mis en valeur. Encore une fois, c’est un problème de temps. On n’en passe pas assez avec chacun d’eux pour les connaître, d’où une impression de voir des caricatures qui serviront tôt ou tard de viande fraiche pour on ne sait quelle créature. Et pourtant, ils m’intéressaient ces personnages, et pas seulement ce robot malsain qui est le seul à avoir droit à un traitement correct. Tout ça va trop vite.
Et ça continue avec quelques scènes qui sautent du coq à l’âne, on se dit « tiens, il manque pas un truc là ? ». On attend la version longue qui nous rajoutera les scènes coupées.
Et à l’inverse, parce que le film doit aussi donner dans l’action pour réveiller le spectateur fatigué, on nous sort des passages dispensables voire carrément hors sujets et déplacés (le passage du « zombi »… mais wtf ???). Globalement, les scènes d’actions sont celles que j’ai le moins apprécié dans ce film, de le première attaque des vers de terre géant, jusqu’au dernier souffle du créateur. Ça dessert le sérieux du propos, c’est souvent un peu écœurant. Seule la scène dans le compartiment médical m’a plu, pour son originalité et sa mise en scène captivante, et pour avoir réussi à me choquer (ma femme va bientôt accoucher !).
Chapeau maestro pour ce très bon retour à la SF, mais dommage d’avoir cédé à des impératifs de durée et de tempo qui me laissent sur ma faim comme si on m’avait retiré mon assiette à moitié mangée. On les méritait, ces 3 heures de voyage sur LV223 !
Je me console à me disant que les probables suites feront, ensembles, un tout cohérent et complet qui répondra à mes attentes. En attendant, je n’ai vu qu’un début de chef d’œuvre esquissé sur un coin de table.